COMPRENDRE LES PRIX

LA TECHNIQUE

Pour comprendre les prix, il faut bien comprendre les techniques utilisées.

Les métiers à tisser utilisés et les armures choisies vont fortement influer sur le temps de travail et sur le coût de la matière.

(Pour comprendre le vocabulaire du tissage, consultez auparavant la vidéo de la rubrique  "comprendre le tissage".)

Dans ma boutique, vous trouverez souvent des articles décrits "réalisés au métier à peigne" ou "réalisés au métier à cadres". Lorsqu'un article est décrit comme ayant été réalisé au peigne envergeur, celà signifie que le temps de travail pour une armure simple est réduit comparativement à un article réalisé au métier à cadres, en armure croisée. De même, sur un peigne envergeur, une armure toile simple est plus rapide à réaliser qu'une création en techniques complémentaires (saori, soumak etc.).

  Ourdissage sur métier à peigne envergeur ISATISSE     Enfilage sur métier à peigne envergeur ISATISSE     Métier à peigne envergeur ISATISSE       Métier à peigne envergeur ISATISSE     Métier à peigne envergeur ISATISSE      Armure toile sur métier à peigne envergeur     Technique saori sur métier à peigne envergeur

  Ourdissage sur cadre ourdissoir ISATISSE pour métier à cadres     Etape d'ourdissage pour métier à cadres ISATISSE     Montage sur métier à cadres ISATISSE       Empeignage sur métier à cadres ISATISSE     Métier à cadres ISATISSE      Métier à cadres ISATISSE      Armure croisée sur métier à cadres ISATISSE    

 

La 1ère raison est que sur peigne envergeur, la technique d'ourdissage est simplifiée et le montage sur le métier est beaucoup plus rapide, le gain de temps peut être de 3 à 4 fois supérieur à celui nécessaire à la réalisation d'un ourdissage et montage sur métier à cadres.

La seconde raison est la quantité de matière prise par une armure: une armure toile réalisée sur métier à peigne envergeur nécessite 3 à 4 fois moins de matière qu'une armure croisée où les fils vont prendre en relief et en superpositions. Ce phénomène est acru lorsque les laines sont épaisses. Par exemple, dans ma collection "mara" ou l'ancienne collection "mousse" où la même laine épaisse a été utilisée en trame. Pour un gilet très simple en armure toile au peigne ("mousse"), il m'a fallu 4 pelotes pour réaliser toute la trame. Pour un poncho plus court réalisé sur métier à cadres, et en armure croisée, il m'a fallu 8 pelotes 1/2!

Autre exemple, on peut être surpris par le faible prix de mes écharpes de la collection PLUME en pure alpaga/soie. Elles sont réalisées à la main, rang par rang sur métier à peigne envergeur, ce qui n'abîme pas les fibres, permet de respecter leur qualité et leur espacement. Ces fibres sont très difficiles à travailler car elles s'accrochent beaucoup, c'est pourquoi vous ne trouverez pas d'équivalent de cette collection dans l'industrie. Mon tissage est très léger, le tissu est aéré. Le choix de cette armure et mon choix de l'utiliser sur ce type de métier avec telle densité de fils/cm font que la quantité de matière nécessaire va être 3 à 4 fois moins importante pour un ouvrage de même dimension que si je l'avais travaillée sur un métier à cadres. Sur le prix de cette matière noble, la conséquence sur le coût final de l'ouvrage va du simple au triple. Je vous fais donc bénéficier de mon savoir-faire et de mon expérience des métiers/fibres/armures sur cette collection.

Mon choix me permet aussi d'économiser un temps de montage sur le métier et de difficultés à l'enfilage qui peut être considérable avec ce type de fibres qui raccrochent beaucoup.

De même, lorsque j'utilise mes fins de séries de couleurs que je mélange avec un sens colorimétrique, je vous fais alors bénéficier d'un prix préférentiel et honnête, peu rentable comparativement au temps de travail, mais proportionnel au coût de la matière nécessaire à sa réalisation.

La même écharpe, réalisée sur un métier à cadres ou en armure croisée pourra revenir 3 à 4 fois plus cher sans que le tisserand n'en perçoive plus de bénéfice.

On aura donc compris aussi que la même écharpe en dimension et en matière, réalisée également sur métier à peigne envergeur, mais avec des techniques saori, de trame interrompue ou de rayures en trame et non en chaîne ou bien encore en tartan (le tartan nécessite de compter chaque rang et de changer souvent de couleurs et de navettes) sera obligatoirement plus chère (relief, matières, temps de travail).

D'où l'intérêt de bien comprendre les techniques utilisées par l'artisan et sa bienveillance, ma philosophie étant de rendre le plus accessible possible au plus grand nombre ces fabuleuses fibres et leurs pouvoirs exceptionnels. Profitez de l'expérience du tisserand!

 

LA MATIERE

Le grand travail du tisserand est de connaître, d'expérimenter et de maîtriser ses combinaisons de matières.

Si je vous faisais payer les années d'expérience pour avoir obtenu tel mélange avec telle technique et telle densité de fils, évidemment, le coût serait faramineux!

C'est toute l'expérience du tisserand qui réside dans ce savoir-faire, et celà nécessite beaucoup de phases d'apprentissages préalables, de pertes, d'expérimental, d'idées et de créativité.

Les prix d'une matière noble peuvent énormément varier en fonction de la marque et du fournisseur. De même on ne peut pas comparer le prix d'une teinture végétale avec celui d'une teinture chimique. Pour assurer une utilisation sans dégorgement et une tenue parfaite de la couleur pour un usage quotidien, la teinture végétale sera obligatoirement beaucoup plus chère et elle nécessite une chaîne opératoire bien maîtrisée par des artisans spécialisés qui en ont souvent une expérience culturelle millénaire (Pérou par exemple).

Je me suis attachée à travailler en priorité avec les pays qui sont les premiers à avoir élevé l'animal ou cultivé le végétal et qui en ont une grande expérience transmise de génération en génération. Par exemple mon lin vient de France et mon alpaga du Pérou. Les élevages en plein air des camélidés andins de très haute altitude procurent une fibre d'une qualité unique.

La laine mérinos que j'utilise (le mouton mérinos est originaire d'Espagne) est fabriquée en France et parfois j'utilise celle fabriquée en Belgique ou en Italie pour des raisons de grosseur de fils ou de nécessité de couleurs.

Il faut savoir qu'aujourd'hui la laine mérinos provient essentiellement d'élevages d'Australie ou d'Afrique du Sud. Il y a donc aussi une dimension éthique à privilégier une fabrication nationale ou plus proche. Mais les élevages cités produisent également des fibres de très bonnes qualités dues aux élevages en plein air sur de grandes surfaces. Et les laines sont la plupart du temps vendues et distribuées dans des réseaux européens aux certifications Oeko Tex.

Ma règle est avant tout d'assurer le meilleur rapport qualité prix dans le respect obligatoire de l'animal avec l'exigence que je m'impose d'une certification Oeko Tex (testée substances nocives, respectueuses de l'environnement, du travail humain et de l'animal). 

La rentabilité d'une matière va donc dépendre: de son coût à l'achat, de la dimension de l'ouvrage, du type d'armure utilisée, de sa finesse, etc. Ces prix peuvent varier de 3 euros la pelote à plus de 20 euros pour le même métrage. C'est au tisserand de choisir la matière qui lui convient le plus. Sa résistance à la tension sera le critère majeur pour pouvoir l'utiliser en chaîne,or de nombreuses fibres nobles ne résistent pas à la tension; il faut l'expérience du tisserand pour trouver ce bon rapport qualité/fonction.

Certaines fibres nobles sont plus rares que d'autres, comme le cachemire qui se raréfie en raison principalement du réchauffement climatique (les chèvres sont obligées de descendre dans des habitats plus tempérés qu'auparavant, les élevages se raréfient). La soie et le chameau sont aussi des fibres très chères et leurs mélanges va obligatoirement augmenter le prix d'un ouvrage.

Si le tissage est créatif, il pourra aussi inclure quelques portions de fibres synthétiques ou bien de fibres artificielles (fabriquées à partir de végétaux naturels) pour des raisons de solidité, de brillance ou de choix de couleurs par exemple. Les fibres synthétiques de très bonne qualité n'étant pas forcément beaucoup moins chères que certaines laines naturelles. 

Tous ces facteurs entrent en compte dans le prix final d'un ouvrage. Regardez donc bien les compositions et les pourcentages. Seul l'artisan peut vous proposer un ouvrage à 100% de fibres nobles à des prix honnêtes. Tout dépend de son réseau de fournisseurs, de ses négociations, des prix que peuvent faire certains producteurs selon la quantité achetée, le choix de la densité de tissage, etc.

Et amusez-vous à faire de même dans les boutiques commerciales de l'industrie! Vous serez surpris par la faible teneur en matières naturelles des produits qui vous sont familiers! Or, la durabilité du produit réalisé par l'artisan et les propriétés naturelles des fibres utilisées dans son tissage sont uniques! Nous travaillons la fibre sans ajout d'additifs ni de substances toxiques, c'est une différence majeure qui fait que nos articles sont beaucoup plus doux et respirants en plus d'être respectueux de l'environnement.

 

LA DIMENSION

Lorsque j'ai un projet avec une dimension précise, je calcule le nombre de fils nécessaires à sa réalisation.

Pour ce faire, je dois choisir la densité de mon tissage, c'est-à-dire combien de fils au cm seront compatibles avec la fibre choisie et la souplesse désirée.

Ces 2 facteurs sont déterminants sur le prix final de l'ouvrage car ils influent directement sur la quantité de matière nécessaire.

Ex: une écharpe de 30 cm de large avec une densité de 70/10 nécessitera presque le double de métrage de fils qu'une écharpe de même longueur et largeur avec une densité de 40/10. Le prix ne peut pas être le même.

Vous l'aurez compris, la longueur aussi sera déterminante car 60 cm de plus de long sur 30X7 fils/cm veut dire que les 60 cm de plus seront démultipliés par le nombre de fils nécessaires en largeur, à savoir 210 fois! Auxquels il faudra ajouter l'embuvage (la perte due au croisement des fils) et les distances de peigne à ensouple, ce qui peut varier de 8 à 25 % de longueur supplémentaire pour chaque fil!

LE TEMPS

"Combien de temps vous avez mis pour réaliser ça?" est sans doute la question qui revient le plus souvent de la part du public.

Il n'est pas toujours facile d'y répondre en 5 secondes car il faut déjà que la personne ait bien compris tous les points précédents.

Le temps de réalisation dépendra donc: de l'armure choisie, du type de métier choisi, de la dimension de l'ouvrage, de la matière utilisée et des variations d'armures ou d'effets réalisés au sein de l'ouvrage. 

Chaque pièce est unique! Chaque effet, chaque armure, chaque variation a son temps de travail car c'est une création de A à Z loin de la simple éxécution d'un patron préétabli.

D'autre part, le temps de réalisation de l'ourdissage et du montage des fils sur le métier est conséquent (de 1 à 4h voire plus) auquel il faut ajouter le temps d'enfilage dans chaque lisse et chaque cadres sans erreur en fonction des armures que l'on souhaite combiner, plus le temps d'empeignage (replacer chaque fil dans chaque dent du peigne) Le tisserand peut alors choisir de préparer une grande chaîne de grand métrage et passer une journée à la préparation pour pouvoir ensuite sortir plusieurs pièces sur la même chaîne. Dans ce cas, le temps de travail de préparation au tissage peut être divisé par le nombre de pièces réalisées au final sur cette même préparation.

En règle générale, je préfère refaire un ourdissage pour chaque article pour des raisons créatives ou colorimétriques mais il m'arrive aussi de tenter 2 ou 3 pièces sur une même chaîne.

Enfin, le dernier aspect du temps de travail réside dans les finitions. Elles sont très chronophages!

Comme pour n'importe quelle entreprise, il faudra également tenir compte des taxes imputées à l'artisan, des charges, des frais d'emballage etc. 

Voilà, vous avez tous les éléments pour comprendre les variations de prix!

Lorsque vous achetez ISATISSE, directement sur mon site ou sur mes stands, vous bénéficiez des prix les plus bas, sans intermédiaire! Vous réduisez l'impact environnemental, vous contribuez à faire survivre le socle ancestral en voie de déperdition des techniques anciennes de tissage et des armures fondamentales, vous valorisez l'artisanat et ses valeurs, et vous permettez que survivent les propriétés uniques des fibres naturelles! 

Pour comprendre ma philosophie et les métiers que j'utilise, consultez la rubrique "mes métiers à tisser".

Date de dernière mise à jour : 05/04/2022

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